Elle ressemblait un peu à cette fillette.
Soucieux de la protection de la vie privée de ses lecteurs, Li Monde ne divulguera pas le nom de l'original. La copie par contre, ne faisant pas partie de notre lectorat n'exige rien de tel. Il s'agit de monsieur Robert Mornet, cévenol et marinier. Tiens tiens, marinier lui aussi!... Donc, la même tête de l'emploi dans les deux cas. Là, on navigue en eau troublante! Si ça se trouve, il fume aussi la pipe et bois de la Chouffe...
 
En voyant le sosie, je suppose que les connaisseurs auront reconnu le Pokémon en question.
Paranormal
Sosie, sottise?
CEVENNES. La croyance populaire prétend que nous avons tous notre sosie sur terre.
Je n'accordais aucune crédibilité à cette allégation jusqu'au jour où, par le plus grand des hasards, il fallut que je tombasse héberlué sur une vieille carcasse qui me disait quelque chose.
A la caisse
La petite fille
et la sucrerie
COURT-SAINT-ETIENNE. Ici non plus, nous ne sommes pas dans le film de Tim Burton, "Charlie et la chocolaterie" avec un Johnny Depp androgyne. Nous sommes dans une file, à caisse avec une voisine.
La voisine est une maman chocolat, je veux dire de couleur chocolat, comme sa petite frisée de fille. Cette couleur n'a rien de péjoratif puisqu'il existe aussi du chocolat blanc. Mais les petits enfants de cette teinte sont, peut-être, parmi les plus beaux au monde. D'accord, je sais, cette réflexion n'est vrai que pour moi et je parle dans le désert puisque, pour tous les parents de la terre, les plus beaux enfants sont ceux qu'ils ont conçu eux-mêmes dans l'amour et la douleur. Un point c'est tout.
 
Donc, malgré cette digression, nous sommes toujours dans la file et vous savez comme moi, que la caisse est l'occasion d'un dernier achat impulsif. C'est le rayon diaboliquement conçu, celui des dernières tentations, des ultimes chocolateries et sucreries qui languissent devant vous et qui peuvent aussi faire patienter les petits enfants dans ces moments d'attente insupportable. Et, d'après ce que je peux comprendre, pour avoir la paix lors de ses achats dans les rayons, la maman a du promettre à la petite quelque chose du genre: "écoute: si tu est gentille, tu pourras choisir un bonbon ou un chocolat quand on arrivera à la caisse." Or nous y voici! Et la maman réitère ce qu'elle a du dire: "comme promis, tu peux choisir ce que tu veux."
 
Et la petite a cette réponse cinglante: "non merci maman, ce n'est pas nécessaire, je n'en ai pas besoin!" Là, on s'arrête et on s'accroche à son caddy en se disant qu'on a affaire à quelqu'un, un cas rare comme le marbre du même nom.
Dire que ce petit bout haut comme trois pommes doit avoir à tout cassé six ans de vitalité mais sans doute beaucoup plus dans la mentalité. Est-ce un bien? Difficile à dire parce que finalement, on est petit enfant qu'une seule fois dans sa vie et qu'il serait dommage de ne pas en profiter un peu...
13 novembre 2014. Des Australiens faisant les autruchiens pour se moquer de leur premier ministre climatosceptique. (Source: Le Monde)
Un titre à rebrousse-plume pour aborder un sujet dans l'air du temps, lequel s'intéresse a un comportement consumériste dont la pertinence semble évidente.
 
Deux remarques pour commencer.
Primo, Li Monde n'a rien contre la filière locale, il trouve cela très bien. Il a juste un petit souci avec la réalité d'un comportement qui semble parfois partial et partiel.
Secundo, Il a une suspicion indéfectible pour tout ce qui apparaît de près ou de loin comme étant évident. Peut-être parce que, comme disait un certain, dans l'évidence, il y a le vide.
Nous sommes parfois dans cette situation qui consiste à penser et à défendre des idées alors qu'en réalité notre comportement n'y souscrit pas vraiment ou de manière très partielle. Dans le genre, l'auteur de la chanson "Cheveux longs, idées courtes" n'est pas mal du tout. Heureusement, le ridicule ne tue pas.
 

NDLR. On vous avait bien dit que cet article est insupportable.
Alors, amusons-nous un peu avec ce sujet sérieux qui soulève plus de questions qu'il n'apporte de réponses.
 
D'abord, ne faut-il pas être cohérent avec l'idée qu'on défend. Par exemple en matière d'automobile dans notre pays, une politique d'achat local ne laisse le choix qu'entre une Ford, une Chrysler, une Volvo et une Audi dont les modèles sont construits à proximité dans des usines belges. Donc, on oublie les françaises, les italiennes, les japonaises et les anglaises. Pour ces dernières de toute façon, Brexit oblige, on les boycotte.
On pensera choisir une marque pour sa technique ou sa fiabilité? C'était peut-être vrai hier. Aujourd'hui, les constructeurs ont des plate-formes communes. Renault équipe le japonais Nissan et fournit des pièces à l'allemand Mercedes quand ce n'est pas l'inverse. Pour les petits modèles Opel, Fiat et Ford ont reçu le même moteur diesel développé par un consortium européen. Les marques sont devenues des usines d'assemblage qui ont quasiment toutes les mêmes équipementiers.
 
Quant à la fiabilité des voitures, en dépit des études et des statistiques, on se rappellera que certaines marques sont achetées sur base de réalités dépassées par des vieux fossiles, conduisant pépères et soucieux de leur véhicules tandis que d'autres le sont par de jeunes imbéciles, roulant tombeau ouvert sans crainte du ridicule. Cela fait une grande différence en matière statistique de fiabilité et de durée de vie. Et ne faisons pas l'autruche dans le bac à sable, puisqu'on on a tous étés des jeunes blancs becs puis des vieux grisons, comme disait tonton Georges.
 
Dans un autre registre, une question équitable se pose: pourquoi imposer à nos fruits et légumes, ce que nous n'exigeons pas de nous-mêmes? C'est vrai. Quand il s'agit de s'offrir des vacances, on se permet tous les éloignements qu'on souhaite. On part se détendre au diable Vauvert sans se préoccuper de quoi que ce soit. On me dira qu'il n'y a pas moyen de faire autrement. Mais si bien sûr, d'ailleurs un jours, cela viendra par force et nécessité, comme la circulation alternée à Paris, Tokyo et Pékin les jours de smog, ou les dimanches d'interdiction pure et simple de 1973. (1)
Et puis, Si nous décidons de consommer locale, c'en est fini des oranges, ananas, bananes, kumquats, et autres plaisirs exotiques du palais.
 
Question subsidiaire: comment fait-on pour s'équiper d'un GSM ou d'un ordinateur en mode local?
Réponse 1: on le chipe à son voisin.
Réponse 2: c'est impossible et il faut réintroduire des usines de production chez nous. Si on choisi cette formule, soit les salaires seront diminués de moitié, soit l'objet produit sera deux à trois fois plus cher et ne sera plus accessible qu'à une frange des consommateurs. C'est un choix mais il n'est pas très démocratique et qui l'acceptera? Ce qui signifie que dans ce cas comme dans d'autres, nous profitons sans souci et sans sourciller d'une production distante. Et, sur l'ensemble de notre consommation, en regardant la provenance de nos produits, il faut bien reconnaître que nous achetons mondial et que nous jetons local.
Et puis, il conviendrait peut-être de se souvenir d'une époque où les échanges lointains nous ont permis d'améliorer notre mode de vie. Grâce aux charbonnages, aux aciéries et au commerce planétaire la Belgique fut, la deuxième puissance économique mondiale entre 1810 et 1880, à l'époque où, déjà pareils à eux-mêmes, les wallons engageaient des flamands pour travailler. Que nous serions aujourd'hui si nous n'avions pu exporter au-delà du Benelux et si les nations d'outre-mer avaient dit: "ho ho manneke, tu es un peu trop loin."
 
Ce que nous avons connu vaut pour toutes les populations du monde. Actuellement, l'Espagne et d'autres pays ensoleillés développent leur économie par la production et l'exportation de fruits et de légumes. Le climat est pour eux, ce que les filons de charbons étaient pour nous. L'Asie fait de même avec ses industries. De notre côté, nous exportons urbi et orbi notre chocolat, nos bières, nos médicaments sans oublier la fuite de nos cerveaux. D'où la question: peut-on refuser aux autres ce que nous avons fait et faisons nous-mêmes? Il semble que chacun ait le droit d'atteindre un niveau de vie décent et qu'il serait injuste d'entraver cette aspiration légitime.
 
Il y aurait encore un débat sur le bien fondé des mesures prises par les états qui veulent favoriser le commerce local et intérieur par l'introduction de taxes à l'importation. Est-ce bien équitable? Et n'y a-t-il pas là une forme de repli sur soi territorial voire identitaire?
 
Enfin, la question finale qui n'a peut-être pas de réponse: "après tout, le monde est-il un village oui ou non?"
 

(1) Pour info, la restriction de circuler certains jours n'est pas neuve. L'empire romain avec ses chars connaissait déjà de graves problèmes dans les villes. En 45 av J.-C., Jules César a déclaré le centre de Rome fermé de 6 à 16 heures pour tous les véhicules excepté ceux transportant des prêtres, des fonctionnaires, des visiteurs ou des citoyens de haut rang.
Acheter local, oui
mais vivre comment?
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Article fleuve, sérieux et barbant
Con, sot et conso
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