Un humour de cane imitant le flamant rose sur une patte.
Elle est pas belle la vie?
Loupez pour réussir
à lire.
Ce sac vidé de tous ses grains
gisait oublié en chemin
par un paysan négligent
Comme il gâchait le paysage
je me dis qu'il était plus sage
de ne pas le laisser au champ
 
Je vais continuer en prose
parce que pour certaines choses
le vers n'est pas très indiqué
C'est le cas de ce grand sachet
et des semences qu'il cachait
mais je m'en vais vous l'expliquer
COURT-SAINT-ETIENNE. Si une donzelle a pu prétendre que les brunes ne comptaient pas pour des prunes, hé bien, j'affirme pour ma part que les canards ne sont pas des connards.
 
Cela fait plusieurs mois que je suis - du verbe suivre - et observe une portée de canetons apparue sur terre ou plutôt sur l'eau de cette Dyle, si peu idyllique, au début du printemps. Quelle joie ce fut de voir ces petites boules de duvet s'initier aux sports nautiques dans le sillage et sous l'oeil attentif de leur cane de mère (oui, la cane du canard ne prend qu'un "n" alors que la canne de Jeanne en prend deux, cela pour qu'on les reconnaisse aisément). Ainsi, je contemplais quasi quotidiennement cette famille qui présentait tous les signes - et non les cygnes - du bonheur en eau trouble.
 
Au fil des mois, je les ai vu passer de boulettes duveteuses à de fiers et beaux emplumés en cols verts affrontant courageu- sement les crues sauvages d'une rivière bipolaire et puis les moments d'étiage d'un été indien caniculaire. Aujourd'hui, ces volatiles de bonne augure se sont trouvés une petite compagne de la campagne.
Faisant preuve - et non "faisan" comme le comme le coq des bruyères - d'une étonnante sagesse ces canards pourraient nous en apprendre beaucoup sur l'art de vivre ensemble et en couple. Jamais un coup dans l'aile, pas la moindre prise de bec, à aucun moment, je les ai vu se voler dans les plumes pour les yeux d'une cane ou un coin à nicher. Quelle maturité, quelle intelligence malgré - et non magret - la petitesse de leur cervelle. Comme quoi et comme disait l'autre, c'est pas parce qu'on en a une grosse que ça va mieux. Et nous en connaissons tous qui... enfin soit.
 
Ils sont ainsi trois couples à vivre tranquillement et en bon voisinage au fil de l'eau, le long de la rue du Pont de Pierre où rien ne se passe comme ailleurs. L'hiver les attend. Sera-t-il d'un froid de canard? Mais pourquoi? Moi, je les trouve très chaleureux ces gentils palmipèdes, et j'attends avec impatience le printemps prochain pour voir s'ébattre au soleil de nouveaux canardeaux - synonyme de canetons -.
Le savoir vivre stéphanois
La vie exemplaire des canards
en col vert
BOUSVAL. Me baladant près de la Chapelle du Try au Chène, bien connue de son propriétaire et des tribus locales, je suis tombé sur cet ex-sac de graines qui n'allait pas tarder à devenir un vrai sac de noeuds. Il était vide et trainait au bord du champ attendant sans doute que je passe.
Ce n'est pas tous les jours qu'on peut prendre connaissance de ce que nos paysans nous réservent en plantant au nez et à la barbe des riverains ce qui leur passe par la tête. J'ai donc décidé d'emporter ma trouvaille pour l'étudier plus en détail. (Y a rien à faire, les rimes ont ne peut s'en défaire).
 
Apparemment, selon l'intitulé et les grosses lettres, il s'agissait de graines d'orge hybride de la marque Hyvido concoctée par Syngenta, une sorcière suisse issue de la fusion des divisions agrochimiques d'AstraZeneca et de Novartis (que du beau monde). Le mot hybride suffit à se poser des questions. Si cette appellation bénéficie d'une aura favorable dans le domaine de l'automobile où elle est synonyme d'innovation, lorsqu'il s'agit de plantes à vocation alimentaire, la même appellation, toujours synonyme d'innovation, prend une autre connotation et perd subitement de son charme. C'est ainsi, on accepte le progrès les yeux fermés en matière de technologie, on ne tolère que la tradition quand il s'agit d'alimentation.
 
Mais comme nous le savons tous aujourd'hui, les informations intéressantes ne figurent pas dans les grands titres et les belles lettres. Elles sont imprimées en tout petits caractères au dos et tout en bas, comme dans les contrats d'assurances. J'ai donc retourné le sac pour m'arrêter sur l'avertissement qui à lui seul méritait le détour et ma balade.
 
Voici ce qu'il nous dit:
 
Avertissement:
- Ne pas utiliser la semence traitée pour la consommation humaine ou animale
  ou pour la production de produits dérivés.
- Tenir hors de portée des enfants, des animaux et de la faune.
- Eviter le contact avec la peau et la zone respiratoire, et utiliser le matériel de protection
  approprié pendant la manipulation de semences et le nettoyage des équipements.
- Laver les mains et la peau exposée avant les repas et après le travail
- Retirer toutes les semences répandues.
- Maintenir les semences traitées éloignées des surfaces d'eau.
 
C'est authentique.
 
Mazette! Etait-ce vraiment des graines d'orge que contenait ce sac? A la lecture de l'avertissement on penserait plutôt à du Semtex ou du C4, du cyanure ou du plutonium en vrac. Le contenu devait être plus proche de l'explosif, du poison létal ou de l'élément radioactif, que de la petite graine. On se croirait dans le sarcophage de Tchernobyl.
 
Inquiétant quand même ce sac à malices, parce que, si ça ne convient ni pour la consommation humaine ni pour l'animale ni pour les produits dérivés, pourquoi planter ce truc? Et qui a intérêt à semer une saloperie pareille? Il n'y a que Moscou, Monsanto ou les Martiens pour nous faire ce genre de coup tordu dans notre belle campagne.
Et après ça, on nous dira qu'il faut consommer local... Allez, allez!
Sac à malice et semences de curieux
Semailles extraterrestres
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NOVEMBRE 2016