Il y avait hier la "Bank of Papy" qui tenait debout mais qui fut jugée trop peu performante.
Il y a aujourd'hui la "Bank of Today", soi-disant performante mais qui ne tient pas debout.
Après:
Avant:
Requiem bancaire
BELGIQUE. Deutsche Bank, ING, AXA, Crelan... Nous avons une pensée émue pour toutes ces belles institutions bancaires qui déclinent, dégringolent, sombrent, s'éteignent, se meurent, et sont sur le point de trépasser. BNP Paribas est fortiche en se présentant comme "La banque d'un monde qui change" alors qu'en réalité, c'est l'inverse: c'est le monde des banques qui change.
 
Oui, nos pensées vont à ces maisons de tunes moribondes et nous en avons la larme à l'oeil. Mais le vrai drame réside dans le fait que cette larme ne découle pas d'un sanglot, elle provient d'un fou rire.
Comment ne pas rire aux éclats en voyant ces fleurons du capital, ces fiers fers de lance de la finance, ces hauts représentants de l'argenterie planétaire s'éclater dans toute leur splendeur. Ce qui arrive est un vrai régal pour les amateurs de boomerang, de revers à demain et de leçons d'humilité.
 
Ceux-là dont la seule ambition était de grandir et grandir encore, de se monopoliser à outrance pour dominer le monde, de devenir "so big" pour qu'il soit impossible de "to fail", telles des grenouilles voulant devenir des boeufs, ceux-là nous offrent le spectacle remarquable de la prétention humaine en déchéance, mais un spectacle qui n'a rien d'inédit. Pour copier le titre d'un film de 2004, c'est un peu "La chute", celle d'une ambition pathologique et démesurée qui se ramasse en 1944 dans un Berlin dévasté.
 
Rappelons les heures de gloire de ces belles institutions. Il y a un demi siècle, elles se construisaient les plus beaux immeubles en guise de siège social. elles les décoraient de marbres rares et les façades s'érigeaient en pierre bleue. Les halls d'entrée avaient des dimensions de basilique Saint-Pierre et des allures Reichtag. On s'y sentait, tout petit, moins que rien, sous la chape du pèze qui nous en imposait.
C'est une réalité récurrente, les églises, les états, les dictatures en tout genre font de la monumentalité un outil de persuasion et de domination. N'oublions pas non plus les drapeaux imbéciles qu'elles sont quasiment les dernieres à laisser flotter tels des étendards au devant de leur façade et au vent de la bêtise.
 
"Institutions, nous savons maintenant que vous êtes mortelles", surtout depuis Lehman Brother, Dexia et Fortis.
 
Grandeur c'était hier et décadence c'est aujourd'hui pour nos banques. Et demain? Demain, il va falloir repenser tout ça. A commencer par l'image de marque qui doit être en phase avec le réel. Elle se voudra plus proche de la vie vraie. Elle sera le reflet d'un univers qui a vachement bougé jusqu'à tomber de son piédestal, bref qui s'est cassé la gueule.
Li Monde s'est penché sur ce pauvre monde qui gîte ici. Troquant la plume pour le crayon, il s'est attaqué aux logos des institutions bancaires en tentant d'opérer un lifting salvateur quoique désespéré.
Si le résultat laisse à désirer, c'est qu'il correspond à la réalité.
Econocomique
La réforme
des cabinets
Politoc intérieure
Le premier ministre Charlot Michel le disait dans son discours à la Chambre: nous vivons dans un monde qui évolue rapidement et qui nécessite des réformes en profondeur. C'est pourquoi Li Monde suggère de moderniser les différentes fonctions, portefeuilles et cabinets ministériels pour les mettre en phase avec les réalités actuelles.
 
Il y aurait d'abord, le Ministre des Tensions qui s'avère plus que jamais nécessaire au regard des événements de ces dernières semaines. Il travaillerait de concert avec le Ministre des Relations Intérieures bien utile dans ce pays régionalisé où les communautés s'entendent comme des couteaux tirés.
 
Le Secrétaire d'Etat au Commères Extérieures, un poste inauguré récemment par Pieter De Crem (voir page 3) mais dont il conviendrait de valider la fonction notamment pour les commères de trottoirs et celles des marchés locaux.
 
Le Ministre du Baudet, en lieu et place du Budget stupide qui s'avère aujourd'hui inutile puisqu'il est systématiquement à côté des prévisions.
 
Le Ministre de la Santé Ludique tant il est vrai que le rire est excellent pour la santé, en tout cas bien meilleur que les antibiotiques.
 
Le Ministre de l'Ergonomie qui remplacerait avantageusement celui de l'Economie qui ne caresse que les nantis et n'est plus adaptée aux aspirations de nos concitoyens.
 
Le Ministre des Finances serait tout simplement supprimé dans la mesure où nous n'en n'avons plus. Il serait remplacé par le Ministre de la Dette puisque celle-là, nous en avons une bonne.
 
Le Ministre de l'Enfer Social. Un poste difficile et pour lequel on prévoit énormément de travail à l'avenir en raison des futures et massives pertes d'emploi.
 
Le Ministre de l'Exploit et du Travail car aujourd'hui, décrocher un job ou le garder est une vraie performance.
 
Le Ministre de la Défonse, absolument indispensable si l'on connait les statistiques qui mettent en lumière l'augmentation des addictions, qu'il s'agisse de drogue ou d'alcool et principalement le binge drinking.  Cette fonction serait aussi la bienvenue pour les hommes des casernes sachant qu'ils sont parmi les plus gros consommateurs de canons de 75 cl.
 
Le Ministre de la Fiction Publique. Oui parce que de nos jours, la fonction publique est un leurre, plus personne n'y croit puisque les fonctionnaires se foutent du monde.
 
Le Ministre des Transferts. Préférable au Transports, un domaine qui a toujours été qu'une voie de garage pour le ministre de tutelle, lequel n'a donc jamais rien fait de valable. Il suffit de voir le RER dont la construction pharaonique prendra plus de temps que celle des pyramides. Alors qu'il est urgent de s'occuper du mercato et des transferts de nos joueurs de foot qui font vraiment n'importe quoi.
 
Le Ministre de l'Allergie. Il succéderait à celui ou celle de l'Energie car avec nos centrales qui sont sur le point de péter, et le bras de Marghem qui nous démange, il faut s'attendre à quelques petits problèmes de santé, radiations obligent.
 
On en oublierait presque le Ministre de la Justesse qui prendrait les fonctions de la Justice laquelle n'a jamais existé. La justesse étant beaucoup plus juste que la justice.
 
Le Ministre de la Moyenne de Classe remplacerait ceux de La Classe Moyenne, de l'Enseignement et de l'Education. Une façon comme une autre de faire des économies de postes et de potes.
 
Il resterait encore le Premier d'entre-eux qui, naturellement, deviendrait le Dernier suivant l'adage bien connu.
 
On le voit, ces réformes tournées vers l'avenir s'avèrent indispensables pour une révision en profondeur des responsabilités gouvernementales en vue de créer un état moderne soucieux du bien-être de ses administrés (Pas mal cette formule emphatique! Même Charlot aurait pu la prononcer). C'est pourquoi, chers collègues, beste collega's, Li Monde va déposer à la Chambre une proposition de bon aloi, un pot de Chambre dans lequel figurera l'ensemble des suggestions émises ci-dessus.
Notre mensuel étant démocratique, il était naturel qu'il présente ce pot en avant première à ses lecteurs. Toute réaction est ici la bienvenue et les amendements sont attendus avec le plus grand plaisir.
 
NDLR. Pour connaître la répartition actuelle des portefeuilles ministériels au Fédéral, ou plus simplement pour savoir qui essaie en vain de faire quoi, voici un lien intéressant où l'on s'aperçoit que malgré la situation très  préoccupante, la grande majorité de nos ministres, rigolent de bon cœur. Et ça, c'est quand même réjouissant.
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NOVEMBRE 2016