Quel régale que le dernier navet publicitaire de Knorr. Un pot pourri de sentimentalisme écœurant servi à la grosse louche avec une dose de sociabilité refermentée en cuisine rurale. Une ambiance mijotée façon Restos du cœur. De faux enfoirés qu’on dirait sortis tout droit d’un CPAS du Borinage mais un peu trop propres, trop clean pour nous faire oublier leur comédienne origine et l’agence de casting.
Bref, c’est le retour en farce de la soupe populaire autour de laquelle se retrouve tout le monde… il est beau, tout le monde il est gentil.
 
Hélas, La recette manque d’oignons pour nous arracher une larme ou un geste de compassion et son épilogue stratégique, c'est-à-dire, un comportement d’achat.
Mais cette pub de Knorr est bien dans l’air du temps où le social fait vendre, du moins, il essaie. On retrouve ce procédé à l’œuvre dans les annonces de Pampers qui promet de vacciner au bout du monde des bambins dans le besoin. Ou le spot actuel d'une carte de crédit peu crédible: "pour chaque achat avec Master Card, Master Carde offre un repas scolaire gratuit à un enfant défavorisé." Ou encore cette chaîne de magasin de sport qui annonce: "à l'achat de 100 euros, Décathlon soutien l'ONG de votre choix", mais elle ne dit pas comment. Enfin, plus récemment, la pub de l’Iphone 7 Spécial Edition, un vrai chef d’oeuvre du genre puisqu'elle nous dit que: "l’acheter, c’est contribuer directement au Fonds mondial de lutte contre le VIH et le Sida et faire, ensemble, un pas de plus vers une génération sans sida."
N’est-ce pas formidable? Et que ne ferait-on pas "ensemble". Il est vrai qu’en vivant seul, on a pas vraiment besoin d’iPhone et on a peu de chance de contracter le sida.
 
Prochainement, peut-être que les croquettes pour chats de Whiskas finiront par nourrir quelques enfants syriens, qui sait?
 
Mais il y a un vrai drame derrière tout cela. C’est qu'un chat noir, n’est plus un chat noir et c'est un peu fort de café. Car il semble que nos produits ne se suffisent plus à eux-mêmes et qu’ils aient besoin de dopage, de valeur ajoutée.
C’est révélateur d’une société en surconsommation, où les objets ne sont plus achetés par nécessité et pour leur utilité intrinsèque mais pour un "plus" qu’on leur a injecté. En fait, c’est ça le monde du luxe. Et la mauvaise conscience est sa forme de rédemption.
Hommage au grand Jacques qui me pardonnera d'avoir osé une petite variante actualisée de son chef d'œuvre "Voir un ami pleuré".
Pub en rouge, la couleur du social
Oui, c'est bien triste !
La pub du mois
"Knorr: j’abhorre"
La chanson originale
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Bien sûr il y a les guerres syriennes
Et les intrigues politiques
Bien sûr la turpitude est reine
Et il n’y a plus rien d’éthique
 
Bien sûr l’argent n’a pas d’honneur
Mais pas d’honneur vous fait rêver
Bien sûr on cache le pot aux fleurs
Mais, mais voir un ami leurré
 
Bien sûr il y a nos mandataires
Et des affaires un peu partout
Nos commissions parlementaires
S’étonnent encore mais plus beaucoup
 
Bien sûr les femmes assistantes
Et les enfants rémunérés
Bien sûr ces emplois qu’on invente
Mais, mais voir un ami leurré
 
Bien sûr nous sommes abusés
Par des hordes de charlatans
Notre impuissance à les juger
Et notre humour qui a mal aux dents
 
Bien sûr, les pays qui se vident
Ces bateaux remplis d’immigrés
Les réfugiés que l’on évite
Mais, mais voir un ami leurré
 
Bien sûr nos miroirs ne reflètent
Ni les oublis qui nous poursuivent
Ni les mensonges qui nous guettent
On se croit juste on est que juif
 
Et tous ces hommes que l’on contemple
Tellement qu’on est plus sidéré
Qu’en fin de compte ils nous ressemblent
Mais, mais voir un ami leurré
Voir un ami leurré
Radio Nostalgie
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MAI 2017