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* En cadeau: l'ouvrage de E.-M. Cioran,"De l'inconvénient d'être né"
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** Paul-Marie Boulanger in "Toujours plus"
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Mon ami Bagheera est d'un type charmant, une personnalité très attachante. Il est moustachu et habite au 50 A de la Rue du Pont de Pierre. C'est une petite rue mais il s'y passe bien des choses. Chaque fois qu'il me voit, il vient prendre un peu de mes nouvelles. Nous échangeons une poignée de pattes et quelques propos insignifiants. Il est le seul de toute la rue à venir ainsi me dire bonjour et tailler un brin de causette.
 
Bagheera est un chat noir... Mais non, le chat noir ne porte pas malheur! Encore une ineptie de la croyance populaire. Je n'ai jamais été aussi heureux que lorsqu'un chat noir a consenti à vivre à mes côtés. Je ne dirai pas que c'était mon chat. Car le chat comme moi, ne supporte pas le possessif dans les relations. Contrairement au chien, il choisit son compagnon et ne reste avec lui, que si cela lui convient et qu'il le souhaite vraiment. C'est lui qui décide.
Celui-là s'appelait Anatole. Et Bagheera me rappelle Anatole. Du même poil un peu dru, du même acabit, de la même bonne humeur et gentillesse avec de grands yeux jaunes.
 
Ah, Anatole! mon doux, mon tendre, mon merveilleux Anatole. Dire qu'il a fini comme un vulgaire lapin de façon tragique. Pris dans un piège qui traînait aux alentours, il s'est arraché la patte pour s'en sortir et s'est effondré dans un jardin voisin, tout comme "Roux" dans le roman de Maurice Genevois. Hélas, le vétérinaire n'a pas pu le sauver. Cet épisode douloureux n'a rien fait pour me réconcilier avec l'engeance humaine et ses atrocités, ses pièges cachés, ses bombes anti-personnelles, et tout l'arsenal du reste. Je suis à deux pas d'espérer que le poseur de piège se fasse un jour prendre à son propre et horrible jeu.
 
En attendant je me console un peu avec mon ami Bagheera. Et je le remercie d'exister.
Copain de rue
Mon ami Bagheera
La trousse du généraliste dans quelques années
Prospective
Un robot humanoïde accueille désormais les patients dans les hôpitaux de Liège et d'Ostende. Il s'appelle Pepper.
 
Super! Ça commence de cette façon là et on ne sait pas comment ça finit. Si on robotise déjà le personnel, il n'y a aucune raison pour que la patientèle ne suive pas.
D'ici quelques temps, les médecins ne seront plus en blouse blanche mais vêtus d'une salopette bleu. Un coffre a outils remplacera la traditionnelle mallette en cuir du toubib. Il se baladera avec un ampèremètre autour du coup en guise de stéthoscope et la burette d'huile remplacera la seringue. Enfin, le parc aux encombrants fera office de cimetière.
 
Finalement, y a pas grand chose qui va changer. Sauf que la consommation de médicaments va chuter drastiquement tout comme le déficit de la sécu. On ne va pas s'en plaindre.
You, Robot ?
L'affreux logo de l'émission
Derrière le sourire,
le décor carcéral
...Et que dire de Gainsbare?
"Monsieur Boulanger, que pensez-vous de cette entreprise déraisonnable et pratiquement perdue d'avance qui consiste à écorner une émission de prime time qui entend défendre le consommateur en mettant en valeur l'importance de bien consommer à l'instar d'un Test-Achats en légère baisse dans les sondages et dans les ventes?"
 
P-M Boulanger: "Eh bien: je dirais que si le concept de "société de consommation" ne fait plus recette, ce n’est pas parce qu’il n’est plus d’actualité. C’est peut-être, justement, qu’il est tellement intégré aux modes de vie et aux fondements même de l’ordre mondial, qu’il ne peut plus être mis à distance et en question". **
 
Merci monsieur Boulanger."
 
C'est clair non? Et j'ajouterai: on consomme et on cherche à consommer le moins mal possible dans la mesure où ce mode de vie est tellement entré dans les mœurs qu'on ne s'imagine même plus qu'une alternative puisse exister. Et cela suffit pour dire: plutôt que de nous foutre des émissions sur la consommation aux grandes heures de consommation, on ferait bien de nous en mettre d'autres, un peu moins systémiques et affligeantes, offrant des horizons différents avec un semblant d'idée indiquant que vivre c'est autre chose que consommer. Mais est-ce que cela est possible?
Et voilà pourquoi je m'en prends à ces pigeons; parce qu'avec leur émission, nous en demeurons malgré tout, et peut-être, plus que jamais. Alors qu'avec les gibbons, on peut grimacer sur tout ce qui se présente.
 
NDLR. D'un point de vue sémiologique et pour corroborer ce qui vient d'être dit, attardons nous un moment sur le logo de l'émission, puisqu'en terme de communication visuelle, le logo est censé donner du sens, véhiculer et exprimer le sujet qu'il représente.
Ce logo a pour support un code barre, lequel anime également tout le décor du studio.
Depuis toujours le graphisme du code barre me pose problème. Grâce à l'émission, j'ai compris pourquoi. Lorsqu'on l'agrandit et qu'il tapisse les murs, il ressemble furieusement aux barreaux d'une cellule dans laquelle on a le sentiment d'être enfermé. Et comme aujourd'hui toute la consommation est dépendante de ces lignes verticales, je ne serais pas étonné que cette consommation soit en fait une grande prison dont on ne peut plus sortir.
 
(1) Un lecteur d'avant garde nous a demandé: pourquoi des gibbons dans le titre et pas des bonobos. La question est évidemment pertinente tandis que la réponse est bêtement phonétique. En fait, le gibbon a un petit air de pigeon si nous pigeons le verlan. Et puis bon! dans gibbon il y a "bon", ce qui est bien. Il va de soi que nous n'avons rien contre les bonobos qui font partie de notre grande famille. Ils ont du bon aussi mais ils sont un peu trop bobos.
Et déjà, notre ami Serge Gainsbourg nous confie à l'oreille que la "laideur est supérieure à la beauté en cela qu'elle dure". Et au fond, il n'a sans doute pas tort puisqu'il sait de quoi il parle. Comme quoi, rien n'est jamais acquis. Comme quoi, gratter un peu le vernis des idées préconçues et des vérités nouvelles apparaissent. Et puis comme disait mon mentor Emil-Michel Cioran: "n'a de convictions que celui qui n'a rien approfondi".
 
Alors que 90% des gens vous diront que la naissance et la vie sont ce qu'il y a de plus beau et de plus précieux au monde, en 1973, avec 65 piges d'expérience et de vécu, Emil écrit "De l'inconvénient d'être né" *, un chef d'œuvre de réflexions, d'aphorismes et de dérisions pour tous ceux qui n'entendent pas se laisser embrigader dans la pensée d'une époque quelle qu'elle soit. Voilà deux personnages remarquables, deux avis hors du commun emplis de pertinence et de sincérité. Et je ressens déjà sur mes épaules la présence de leurs mains compréhensives et réconfortantes quoique venant d'outre-tombe. Mais c'est ça aussi le coaching philosophique...
 
Ce sont des Don Quichotte comme ceux-là qui donnent envie de s'attaquer aux moulins d'aujourd'hui. Et dans cette perspective, il convient de poursuivre avec nos petits moyens l'œuvre entreprise par ces grands disparus.
 
Avec ces préliminaires, se rend-on compte de la tâche à laquelle je m'attèle, et dans quel combat je m'engage? Je ne peux rien laisser au hasard. Il faut que je m'entoure de valeurs sûres, de scientifiques émérites et parmi les plus reconnus.
Dans le procès qui nous occupe, j'appellerai à la barre et toujours à la bourre, monsieur Paul-Marie Boulanger.
A bien le regarder, Emil aussi
a un petit air de gibbon...
Zoociologie
RTBF. Si certains peuvent appeler leur émission "on est pas des pigeons", moi je pense pouvoir intituler mon article: "on est des gibbons". Non mais!
 
Dur, dur de s'attaquer à l'émission phare, l'enfant phare de la RTBF, celle qui recueille 90% de suffrages favorables. Voilà qui semble impossible. C'est du suicide, c'est l'erreur et la gageure à ne pas commettre. On est là dans la situation de David Goffin qui défie Goliath Djokovic. C'est contrevenir à l'idée que "l'amour est plus fort que la haine", c'est prétendre que Deutschland n'est pas uber alles, c'est douter que le bien triomphe du mal ou que la beauté surpasse la laideur. Tout ça? Ben oui.
On est des gibbons
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JUILLET 2016