Il y a vraiment des hommes dangereux à la tête de l'Etat belge.
Confronté à une baisse des recettes fiscales consécutive à la hausse du prix du tabac, le ministre des Finances Johan Van Overtveldt envisageait de revoir les accises à la baisse. Le but étant clairement de retrouver des rentrées plus importantes en favorisant une hausse de la consommation que provoquerait une baisse des prix.
 
On n'a pas fait grand cas de cette idée saugrenue et pourtant, on a rarement vu un tel cynisme dans le chef d'un ministre. Heureusement, la proposition fut rejetée en bloc par la Maggie du même volume.
Pauvres de nous qui pensions que l'augmentation du prix du tabac avait pour but de dissuader sa consommation et faisait œuvre de santé publique. Il n'en est rien. L'évolution des accises n'avait qu'un objectif, accroître les recettes et selon le sinistre N-VA lui-même: "Le fait que certaines hausses de tarifs commencent à se traduire par des recettes plus faibles montre que la limite a été atteinte" et "une baisse des accises ne devrait pas constituer un tabou, surtout si elle permet de maintenir les recettes à niveau".
 
C'est tout bonnement effrayant et disons le tout net, qu'on agisse au nom du dieu Allah ou de la déesse Finance, il n'y a pas de différence. Qu'on se revendique de la religion ou de l'économie, on en demeure pas moins un terroriste lorsqu'on projette de porter atteinte à la vie d'autrui. Des terroristes, on en cherche à travers toute l'Europe alors que nous en avons sous la main et bien connus de tous.
Pour les amateurs: une interview intéressante de David Spiegelhalter, un statisticien britannique, sur les risques
que nous encourons dans tous les domaines.
Article barbant mais instructif
BREAKING NEWS (9 janvier 2017)
Un terroriste au gouvernement
Errorisme international
Death by terrorist attacks Western Europe, 1970-2015
Or, s’il y a bien quelques dangereux individus qui fabriquent des bombinettes, il y en a beaucoup d’autres qui fabriquent des cigarettes et des voiturettes. Et la question se pose: où donc se situe la menace la plus sérieuse? Qui porte le plus atteinte à notre intégrité, et, en fin de compte, qui a le plus de morts sur la conscience? Cerise sur le tombeau, les cigarettiers ne tuent pas pour des idées ou changer le monde mais uniquement pour de l'argent. Il n'y a pas pire en matière de comportement! Bizarrement, à ceux-là, on leur fout la paix. Alors, à quand une coalition internationale contre les tabagistes barbares et les dangereux motoristes?
 
On me dira que ce n'est pas le nombre de victimes qui compte. Mais c'est quoi alors? Quelle vérité, quel principe supérieur? Et prenons garde, si on considère qu'il y a quelque chose de plus important que la vie ou que les vies supprimées, on s'engage dans un chemin hasardeux. Car, à contrario, cela signifie qu'au nom d'une vérité ou d'un principe on serait en droit de supprimer des vies... Et dans quel camps se retrouve-t-on alors?
 
On me dira encore qu'on ne peut pas comparer les victimes du terrorisme et celles du tabagisme. Et pourquoi pas? En dehors des convictions personnelles ou religieuses, même l'éthique ou la morale peut justifier cette comparaison. Pour cela, il faut remonter à la source, c'est-à-dire aux actes et à leurs conséquences. Et là, de même que, si on ne fabriquait pas d'engins explosifs il n'y aurait pas de victimes d'attentats, de même, si on ne fabriquait pas de produits tabagiques, il n'y aurait pas de victime du tabac. A bon entendeur, salut et à bon fabricant, salaud. Précisons que, s'il fut un temps où l'on ignorait les séquelles du tabac, cela n'est plus vrai aujourd'hui et c'est en parfaite connaissance de cause que les cigarettiers font leur business comme les terroristes fomentent leurs attentats. Rappelons également qu'on a interdit l'usage de l'amiante dont le nombre de victimes est largement inférieur à celles du tabac.
Dans le même ordre d'idée, toute l'union européenne s'accorde pour interdire le port d'armes sur son territoire, contrairement aux Etats-Unis où, lobbies obligent, on dénombre 30.000 victimes par balles et par an.
 
Tout ceci pour dire qu'on se trompe peut-être d'adversaire, que l'ennemi le plus redoutable n'est pas nécessairement celui qu'on pense. Et cette méprise peut avoir des conséquences importantes. D'abord, du point de vue de la raison qui se fourvoie et qui induit des comportements erronés (xénophobie, psychose,...) avec toutes leurs implications. Et ensuite d'un point de vue budgétaire; la manne de l'état n'étant pas inépuisable, en consacrant des deniers publiques à la lutte contre le terrorisme, on prive d'autres secteurs qui ont un besoin vital de moyens supplémentaires, tels que les soins de santé et la sécurité routière.
 
Cons se comprennent bien, il n'entre pas dans nos intentions l'idée de changer quoi que ce soit à la réalité existante, de vouloir améliorer le monde suivant l'une ou l'autre prétendue vérité. Non! car dans ce cas, nous nous rangerions du côté des redresseurs de tords, des terroristes de tous poils qui entendent imposer leur vue et la substituer à une autre. Le seul intérêt de cet article et de sa prise de connaissance réside dans le plaisir discret qu'on peut éprouver et qui doit sans doute être comparable à celui qui existe dans les petits cercles d'initiés, les sectes secrètes comme on en rencontre partout, mais avec les rites initiatiques en moins et la conscience certaine qu'on ne vaut pas mieux que les autres en plus.
 

(1) NDLR.
Pourquoi prendre l'Europe comme référence? D'abord, parce que terrorisme, tabagisme et accidents de la route sont des réalités internationales qui, contrairement aux sentiments d'agressions et aux ressentiments, dépassent l'étroitesse territoriale d'un pays ou d'une région. Ainsi, pour l'année 2015, la Belgique n'a pas connu d'attentat à l'inverse de la France. Et pour 2016, si on régionalise encore les statistiques, la Wallonie et la Flandre ne recense aucune attaque contrairement à Bruxelles Capitale.
L'Europe semble une bonne entité de référence où la population est relativement homogène avec des modes de vie et des comportements assez semblables. Quant au monde, la panoplie de peuples, de religions, de comportements est trop diversifiée. Les situations géopolitiques et conflictuelles sont tellement différentes que des statistiques mondiales n'auraient que peu de sens. En matière de terrorisme, les Indiens d'Amazonie n'ont rien en commun avec les Afghans de Kaboul.
Il faut parfois regarder les choses en farce.
EUROPE. Il existe deux raisons à l'origine de cet article. D'abord, une interview de Michel Serres pour lequel nous vivons une des périodes les plus pacifiques de l'histoire humaine. Ce philosophe préhistorique de l'âge du feu, fort de ses 86 bougies doit bien savoir de quoi il cause quand il parle à contre courant des idées dominantes.
Ensuite, il y a un article du Monde paru fin 2015, consacré au terrorisme et qui n'a pas peur d'écrire:
"Malgré les attentats survenus le 13 novembre 2015 en France, qui rappellent de tristes précédents (Madrid 2004, Londres 2005, Uttoya 2011...), on ne peut pas dire que l’Europe occidentale est plus touchée par le terrorisme ces dernières années qu’à la fin du siècle précédent. En réalité, on décompte moins de morts liés à des attaques entre 2001 et 2015 que dans les quinze ans précédents (1986-2000)."
 
Ces deux raisons qui vont dans le sens opposé au bon sens commun donne envie de gratter un peu plus loin et de racler ce qu'on nous raconte. Sans compter qu'il y aurait bien une troisième raison, comme le petit bonheur qu'on peut éprouver en coupant les ailes des canards boiteux et erronés ainsi que les idées des connards chevronnés, c'est-à-dire, ceux qui font avec l'actualité de l'audience, bref, ceux qui se nourrissent et vivent des attentats. Car ce sont aussi ceux-là qui entretiennent la psychose, le sentiment d'insécurité et la xénophobie. Evidemment, après leurs méfaits, il tentent vaille que vaille de se rattraper par quelques émissions nous mettant en garde contre l'amalgame. Mais, le mal est fait car l'amalgame qu'ils ont contribuer à créer a la vie dure. Que voulez-vous, lorsqu'on passe des émissions spéciales in extenso sur un sujet morbide pendant trois jours, suivis de rappels et de commémorations pendant trois semaines, on finit par avoir l'impression qu'il y a des victimes toutes les heures pendant des mois. Or, il n'en est rien.
 
Alors, pour faire la clarté, rien ne remplace les maudites statistiques et les satanés chiffres. Mais comme on fait dire aux chiffres ce qu'on veut, rien ne vaut, in fine, un petit graphique qui ne parle pas mais donne à voir et à savoir...
Maintenant, si on souhaite donner le tournis au lecteur en ramenant les choses dans le champ de la réalité, on obtient les constatations suivantes:
 
1) Nombre de victimes en Belgique pour l'année 2015
Attentats terroristes: 0 (en 2016: 32, soit 0,09 par jour).
Accidents de la route: 732, soit 2 quotidiennement.
Tabac: ± 18.600, soit 51 / jour, soit 1,6 attentat bruxellois / jour.
Ça fait moins de bruit mais c'est quand même inquiétant.
 
2) Nombre de victimes en Europe pour l'année 2015 (1)
Attentats terroristes: 175 (dont 149 en France) soit 0,47 / jour.
Accidents de la route: ± 26.000, soit 71 / jour.
Tabac: ± 700.000, soit 1917 / jour.
Ça ne fait toujours pas beaucoup de bruit mais c'est terrifiant.
...Mazette, ce graphique semble donner raison à notre philosophe des cavernes et aux balivernes de notre frèrecon Le Monde.
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FEVRIER 2017