Dieu
Dédé
Descartes
Des dés
Comme il ne s'est trouvé aucune éminence grise pour nous assurer que Dieu ne jouait pas aux cartes, hé bien Li Monde avance l'hypothèse qu'il y joue. Et ça, dans 50 ans, on en parlera encore. Pourquoi?
Primo, parce que Li Monde ne partage pas l'adage qui dit: "dans le doute abstiens-toi" (du latin "in dubbiis abstine"). Car Si René lui-même, celui Descartes, l'avait fait sien, il ne serait jamais arrivé au cogito ni à l'ergo sum. Et sans cela, je vous le demande, que serait devenu la philosophie des lumières? Donc, dans le doute, arrêtons de douter et pensons à avancer.
Secundo, parce qu'on a beau être le Tout-Puissant, et surtout dans le cas de l'Eternel, on doit la trouver un peu longue de temps en temps et le besoin de se distraire devient impératif là-haut comme ici-bas.
 
Le premier point étant acquis, la question qui vient naturellement à l'esprit est la suivante: "Dieu s'amuse-t-il seul aux cartes, ou bien, comme tous les quatre fois vingt, va-t-il jouer les mercredis après-midi au foyer social du paradis?"
 
Cette question est plus complexe que la précédente. Et cela tout simplement en raison de la Trinité, un concept issu d'une soirée trop arrosée et qui affirme qu'il y a trois personnes en Dieu. D'habitude, quand on a forcé sur la dive bouteille, on en voit deux. Mais dans ce cas-ci, c'est trois. C'est dire...
Cela signifie que lorsque Dieu fait une partie, il joue à la fois seul et à plusieurs. Je sais que ce sujet est difficile et vingt siècles de théologie se sont cassés la pipe sur la question. Difficile et surtout problématique, car s'il en est ainsi, c'est admettre que Dieu n'est peut-être pas un être parfait. En effet, même si la tentation lui est inconnue, il lui est très facile de connaître les cartes des autres participants et donc de gagner la partie en trichant comme le commun des mortels.
 
Chacun le sent, on s'aventure ici sur une terre promise plutôt mouvante. L'auréole divine vacille sérieusement et les calotins risquent d'en prendre encore un coup. C'est pourquoi, nous pensons qu'il est  préférable d'en rester là pour aujourd'hui.
 
Mesdames, messieurs, lors d'une prochain débat leste et céleste, nous verrons ce qu'il en est des mots croisés dont les premiers exemplaires remonteraient à la libération de Jérusalem vers 1096 après J.C.
 
Nous vous remercions de votre attention.
 

NDLR. Vous savez que lorsqu'on s'ennuie, le temps semble long et qu'on essaie de le passer comme on peut. Parfois, c'est avec des idées, comme Descartes ou Dédé, et parfois par manque d'idées avec des dés ou des cartes. Ça peut-être une manie et ce n'est pas toujours une réussite.
Des cartes
L'actualité physico-sportive de novembre étant particulièrement plate, Li Monde s'est mis en tête de faire un peu de sport cérébral. Cela nous changera des longs reportages dédiés aux décérébrés du monde et à leurs exercices vains tout autant qu'épuisants.
 
Donc, "Dieu joue-t-il aux cartes? Et accessoirement avec qui?"
 
Prenons le cas Descartes qui ne joue pas aux dés comme Dieu. Cette proposition pourrait très bien signifier que Dieu joue aux dés. La tournure eut été plus correcte et immédiatement compréhensible en écrivant "le cas Descartes qui, comme Dieu, ne joue pas aux dés". Cogito ou pas, on peut douter de tout mais pas du fait que cette dernière formule est la meilleure, en supposant bien sûr que Dieu ne joue pas aux dés, car dans le cas contraire la première eut été exacte. Ceci pose déjà la question de la prééminence ou de la primauté du postulat supposé et antérieur à ce qu'on veut postuler.
 
Cette entrée en matière intéressante et nécessaire ne répond cependant pas encore à notre question: "Dieu joue-t-il aux cartes?"
 
Si notre vieil ami Albert a pu affirmer que les dés étaient absents de la ludothèque divine, il n'a rien dit des cartes. Peut-être que Dédé Compte-Sponville nous aurait démontré que les dés sont trop aléatoires pour Dieu, qu'ils laissent trop de place au hasard et que par là, ils remettent en question l'ordre divin ou la volonté toute puissante du Très-Haut. Et telle serait la raison pour laquelle il n'y joue pas. Tandis que les cartes demandent un peu de jugeote, de discernement et de réflexion, ce qui devrait convenir davantage à un esprit sain dans un corps divin. Mais je doute que Dédé s'écarte de ses convictions et nous parle des préférences divines, car ce mathématicien de la philosophie n'a que faire des divertissements de Dieu, d'autan qu'il est d'un agnosticisme crasse (André, bien sûr).
 
Par ailleurs, nous savons tous que la nature des deux jeux est radicalement différente. Nous n'ignorons pas que lorsque les dés sont jetés, c'est fini, il n'y a plus rien à faire. Par contre, quand les cartes sont sur la table, c'est seulement à partir de ce moment-là que le jeu peut commencer. Les cartes ont donc un double avantage sur les dés, celui de s'inscrire sans une temporalité plus longue et de faire appel au fonctionnement des neurones.
Les dés auraient pourtant une carte à jouer avec l'engouement actuel pour la 3D, puisqu'il faut bien reconnaître que les cartes restent d'une platitude extrême avec la bidimensionnalité de leurs deux faces. Mais soit.
Dieu joue-t-il aux cartes?
Sport cérébral
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DECEMBRE 2016