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On en pensera ce qu'on veut mais ces figures ne manquent pas de style.
Il y a des figures de style et puis les figures de style. Dans le premier cas, je pense à des Cary Grant, Errol Flynn, Clark Gable, Carole Bouquet, Laetitia Casta, Michèle Morgan, De Gaulle jeune ou encore Luc Beyer. Ce sont toutes des figures un peu "stijf ". Dans l'autre cas de figures, je songe à l'anadiplose, l'épanaphore, le pariponïan, la symploque, la tapinose, l'oxymoron ou encore le zeugme qui sont quand à elles des figures un peu "stoef".
 
Nous supposons qu'il est inutile de vous présenter les premières, sauf pour le plaisir, ce que nous ne manquons donc pas de faire. Pour les secondes par contre, il faut entrer dans les arcanes de la langue française dont "l'hermétisme" et l'opacité peuvent en décourager plus d'un. Mais avec une pédagogie adaptée, en remplaçant la leçon péremptoire et autoritaire, le discours ex cathedra par un petit exercice sympathique, les choses prennent une tournure acceptable au grand bénéfice de l'érudition générale laquelle connaît aujourd'hui de sérieuses lacunes.
 
Exercice.
Peut-être subsiste-t-il quelques zones d'ombre dans votre compréhension des taxes et écotaxes qui assomment notre beau pays depuis l'aube des temps. Heureusement, Li Monde peut vous apporter les lumières de sa petite lanterne afin de pallier aux déficiences de l'éclairage publique. Donc voici.
 
Définition.
Si la tautologie nous enseigne qu'un sou, c'est un sou, il faut bien reconnaître qu'une taxe est avant tout une figure de style. La langue française regorge de ces trésors stylistiques. On ne s'étonnera donc pas que les francophones soient parmi les plus taxés de la planète. La taxe, comme la figure de style représente un effort de pensée et de formulation.
Soumises à des lois, répondant à une syntaxe, taxe et figure font toujours appel à l'artifice ou à la manipulation. Ce sont tous deux des procédés linguistico-démocratiques. Et on peut dire que la figure de style est à l'écrivain ce que la taxe est au gouvernement.
Les formes sont nombreuses et nous allons tâcher de passer en revue les plus parlantes d'entre-elles.
 
1) L'épizeuxe ou palilogie que nous avons choisi uniquement pour l'orginalité de son nom. Elle est la plus élémentaire des répétitions stylistiques et consiste à répéter un mot sans coordination ni conjonction. Ce qui en fait la plus stupide et par conséquent la plus fréquemment utilisée.
Exemple: "Des taxes! des taxes! des taxes!"
 
2) La paronomase est un procédé antique par lequel on rapproche deux propositions qui se ressemblent par le son mais diffèrent par le sens. On la trouve souvent dans les proverbe.
Ex: "Qui vote une taxe, vole en max."
 
3) L'explétion, consiste à utiliser des tournures non indispensables quoique généralement autorisées.
Ex: "Mais qu'est-ce que c'est que cette taxe-là?" alors qu'on pourrait demander plus économi- quement: "Qu'est-ce que cette taxe?"
 
4) L'oxymoron est une forme d'antithèse ludique et paradoxale qui soude en une expression ramassée deux sens incompatibles.
Ex:  "Une taxe normale", ou encore: "une taxe biodégradable".
 
5) La conglobation est une accumulation persuasive, une démonstration faite d'un entas- sement plutôt que fondée sur la logique et l'observation:
ex: "L'eau, le gaz, l'électricité, la valeur ajoutée, les déchets jetés, la télé, la voiture et l'immatriculée conception, tout est axé sur les taxes."
 
6) L'auxèse est une exagération excessive.
Ex: "Des tonnes de taxes".
 
7) L'éllipse consiste à ne pas utiliser dans une phrase l'élément qui devrait s'y trouver.
Ex: "Pour financer le budget de l'année prochaine, nous devrons envisager de nouvelles recettes" (un ministre).
 
8) L'anantapodoton est une forme particulière d'anacoluthe: quand de deux éléments d'une phrase alternative seul le premier est exprimé entièrement.
Ex: "Ou bien vous appliqué nos taxes, ou bien tant pis pour vous." (Les écolos à Verhofstadt en 2003).
 
8) Le zeugma attelle des compléments de natures différentes dans une économie de moyens faussement naïve.
Ex: "Il fit le plein d'essence et de taxes".
 
9) Le diasyrisme est un discours agressif, où l'ironie se fait âpre et dénonciatrice.
Ex: "Bon appétit, Messieurs, ô ministres intègres, serviteurs dévoués qui taxez la nation!" (Hugo, Ruy Blas.)
 
Je m'arrête ici car il existe plus de 200 figures de taxation et la place commence à manquer. Enfin n'oubliez pas que nous ne sommes pas tous égaux devant les taxes comme devant les taxis. Certains en ont les moyens d'autres non. Je suggère donc que l'on instaure une égotaxe, qui ramènerait tout le monde dans le champ de la réalité.
Trésors de la langue française
Les figures de style
Chansonnettes
et chants honnêtes
Dans la série "parole d'aujourd'hui et mélodie d'autrefois" voici la ritournelle du mois.
Il conviendrait sans doute de la replacer dans son contexte mais ce serait fastidieux et ce n'est pas indispensable. Qui donc sait ce qui s'est précisément passé à Sète et qui a inspiré tonton Georges lorsqu'il écrivit "L'assassinat"? Point n'est besoin de comprendre pour apprécier ni d'attendre pour commencer.
 

En 1962, Brassens chantait:
 
C'est pas seulement à Paris
que le crime fleurit
nous au village aussi l'on a
de beaux assassinats
 

En 2016, Li Monde peut écrire:
 
C'est pas seulement en Sicile
qu'il y a des imbéciles
car a Sombreffe on croise aussi
des petits mafiosi
 
Il n'y a pas que dans les Pouilles
qu'on trouve des fripouilles
à Sombreffe encore on verra
de sacrés scélérats
 
Naples n'a plus le monopole
des soucis d' Interpol
depuis qu'à Sombreffe on repère
des fouteurs de misère
 
A New York, il y a mon vieux
des graines de mafieux
et à Sombreffe comme ailleurs
de fameux emmerdeurs
 
Si certains ont purgé leur peine
au bagne de Cayenne
A Sombreffe aussi l'on pourrait
mettre en maison d'arrêt
 
On se souviendra d'Alcatraz
qui a laissé des traces
Mais Sombreffe aura tôt ou tard
son quota de mitards
 
La vie, on en donnait pas cher
lorsque John Dillinger
passait en ville mais en bref
C'est pareil à Sombreffe
 
Bonnie Parker et Clyd' Barrow
c'étaient des numéros
et à Sombreffe il y a toujours
un Jessie Jam's qui court
 
On décrie les frères Dalton
Hélas, nul ne s'étonne
qu'à Sombreffe quelle infamie
sévit une famille
 
On craignait Lucky Luciano
et la bande à Bonnot
mais Sombreffe a un patronyme
qui leur est synonyme
 
Al Capone a beau être mort
Chicago tremble encore
mais à Sombreffe sacrénom
chacun taira son nom
La chanson
de Sombreffe
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DECEMBRE 2016