La revanche
du taureau
"Avec le temps, va..."
.
Hier, on disait au potache:
si tu n'étudies pas à l'école, tu iras travailler.
.
Aujourd'hui, on lui dit:
si tu n'étudies pas, tu n'auras pas de travail.
.
Que va-t-on lui raconter demain?
" Les taureaux s’ennuient le dimanche quand il s’agit de mourir pour nous. "
.
Jacques Brel
Le théâtre c’est la vie
Ci-dessus, un visuel d'une moralité blanche comme neige et transparente comme l’eau clair. C'est un peu triste.
ou méfions-nous de la moralité
*
Par ailleurs, quel parent n’a pas favorisé l’engagement de son enfant pour un job d’étudiant dans l’entreprise qui l’emploie? Et même l’entreprise en question donne priorité aux membres de la famille sans trop se soucier des capacités et des compétences du jobiste. Qui n’a pas aidé ou fut aidé pour une petite dissertation difficile ou un devoir problématique quand c’était nécessaire? Si le fait d’accorder des aides et des avantages à des proches, des connaissances ou des copains devient immoral, bonjour la générosité. Il est quand même tout naturel d’offrir un verre à ses amis plutôt qu’à ses ennemis. C’est en cela qu’on reconnaît les uns des autres. Donc, si on veut garder un peu de gentillesse et d’altruisme dans ce monde de brutes, il faudra admettre qu’on puisse aider ceux qu’on aime et qu’on favorise par préférence.
Peut-être que, pour faire un don, vous avez élu parmi d’autres une organisation humanitaire qui sélectionne elle aussi ceux qu’elle va secourir. Attention! car cette attitude pourrait être discriminatoire et conférer au favoritisme.
 
Si on fait un cadeau à quelqu’un sans intention de retour, si on aide une personne pour elle-même et non pour soi, c’est-à-dire, sans forme aucune de corruption, il ne peut pas y avoir de problème. Enfin, pour boucler la boucle, le cas Fillon qui engage ses deux enfants comme assistants ne me semble pas plus immoral que celui du PDG qui engage les siens pour le seconder, à condition que les compétences soient rencontrées et qu'il n'y ait pas de discrimination à l'embauche. Là où les choses dérapent, c’est quand les emplois deviennent fictifs. Dans ce cas, effectivement, il y a fraude et faute, mais c’est une situation qu’on rencontre aussi en entreprise.
 
Bon d’accord mais alors, quelle est la morale de tout ça?
Hé bien, sans doute qu’il convient de se méfier aussi de la moralité.
 

* Oui, je sais, le titre est un peu stupide mais il est dans la ligne de l’illustre Edgar Morin avec "La Nature de la nature ", "La Vie de la vie", "La Connaissance de la connaissance" et "l’Humanité de l’humanité"… grand penseur auquel on a rien reproché, pas même le fait d’avoir répété la répétition. Pourtant...
 
(1) En 1990, Jean Baudrillard, mon professeur préféré pondait un ouvrage intitulé: "La transparence du mal", à lire bien sûr. Il est décédé depuis lors mais je suis certain qu’aujourd’hui il récidiverait avec "Le mal de la transparence", à écrire, bien évidemment.
Mort d'un matamore
La Moralité de la moralité
Le "Liberty Theatre" à Youngstone dans l’Ohio par Matt Lambros
L’ image du mois
SPECTACLE. Ne dit-on pas que le théâtre c’est la vie? Enfin, c’est ce qu’on disait autrefois et qu’a proféré un jour le grand Alfred, l’Hitchcock. Mais on a oublié une partie de la citation car en fait, la formule complète est "le théâtre, c'est la vie; ses moments d'ennui en moins."
 
On a quand même l’impression que ce n’est plus tout à fait vrai et que, de nos jours, "le théâtre, c’est un peu l’ennui". Mais donc quelque part, ce n’est pas faux non plus puisque bien souvent aussi, "l’ennui, c’est la vie".
 
Tout ça ne nous rendra pas le Congo, ni le théâtre, ni Alfred. Cependant, lorsqu’on contemple la photo ci-dessous, on est un peu décontenancé. C’est à la foi triste et beau. Et lorsqu’on sait que ce théâtre s’appelle Liberty, on est franchement éblouis, car c’est à la fois triste et vrai.
Et finalement, ce théâtre est bien à l’image de la vie, de l’ennui et de la liberté.
LA PENSÉE DU MOIS
La vie?
Dans la mesure où il faut s’en séparer un jour,
il convient de ne pas trop s’y attacher. Et en cela,
les mauvais moments sont une aide précieuse.
AIR-SUR-l'ADOUR. Le 18 juin dernier Ivan Fandiño, un matador renommé, à moins qu'il ne fut un matamore mal né, était encorné et décédait encore. Décidément, la tauromachie est terrible et la boucherie très moche. Mais la chose mérite d’être signalée car dans toute compétition, il faut accepter que l’adversaire gagne la partie.
 
Par ailleurs, on se souviendra que dans cette discipline sauvage et sanguinaire, la récompense offerte à l’issue du combat s’appelle le "trophée". Il s’agit de plus souvent des oreilles ou de la queue de l’animal. Lacune de l’information, dans le cas présent, on ne sait pas quel accessoire fut remis au vainqueur.
La demi page philosophique
Depuis les élections hexagonales et l’enfer Fillon, il faut bien reconnaître qu’on nous casse les… oreilles avec la moralité. Moralité par-ci, moralité par-là, de la vie politique, des affaires, etc…
 
Le nouveaux testament français et son gouvernement, apôtre de cette moralité, connaît déjà quelques couacs avec les affaires de Richard Ferrand, Marielle de Sarnez et même l'instigateur de la loi sur la moralisation de la vie politique, François Bayrou. C’est dire si les choses sont plus compliquées que prévu, et cela montre que nul n’est blanc comme neige ni transparent comme l’eau claire. Il est même probable que seul le paradis des islamistes recèle encore 70 vierges de tout reproche, susceptibles de composer un gouvernement modèle.
 
Accessoirement, on peut se demander d’où sort cette soudaine marotte pour la moralité et sa petite sœur la transparence (1). Car jusqu’à présent, la légalité suffisait pour règlementer la vie publique et la société civile. Et qu’on le veuille ou non, la loi n’a jamais été morale. Elle permet ou interdit, c’est tout.
Exemple: la législation autorise que des personnes s’enrichissent à millions et que d’autres crèvent de faim sur le bord de la route. Il n'y a rien de moral là dedans. Mieux, elle autorise des montages financiers légaux qui permettent aux plus nantis d’éluder l’impôt redistributeur de richesse. En matière de moralité et d’avantages incongrus, tous les mondes, publiques et privés, sont bandits et se ressemblent comme deux gouttes d’eau.
C'est dans l'air vicié
Dernière édition
Envoyer un mail
JUILLET 2017